Amrita Hepi: In Rhythm with ONDINE

Amrita Hepi : En rythme avec ONDINE

Amrita Hepi dégage une certaine gravité. Chorégraphe et danseuse d'origine Bundjalung (Australie) et Ngāpuhi (Nouvelle-Zélande), son travail artistique explore la danse, la performance, la vidéo et l'installation. Oscillant souvent entre intimité et spectacle, son œuvre interroge le rôle du corps comme réceptacle de la mémoire, de l'identité et des récits culturels.

C’est ce mélange de rigueur intellectuelle et de grâce instinctive qui a fait d’Amrita la muse idéale pour notre campagne ONDINE. Sur fond de la beauté brute de la côte ouest d’Aotearoa, Amrita insuffle vie aux formes sculpturales d’ONDINE et ancre la campagne dans une méditation corporelle, une invitation à la contemplation.

ONDINE explore les thèmes du rituel et du rythme, notre relation au monde naturel et la transcendance. C’est avec ces idées en tête que nous avons rencontré Amrita, malgré un emploi du temps chargé entre voyages, collaborations et création constante, pour parler de sa pratique artistique, de son rapport au rituel et de l’attrait fondamental de la nature.


Bonjour Amrita, pouvez-vous commencer par nous parler de votre pratique créative et de votre histoire avec le mouvement et la chorégraphie ?

Je suis une artiste qui travaille la chorégraphie et la performance, principalement en direct. Mon parcours dans ce domaine est long et en constante évolution.



L'une des notions que nous avons beaucoup explorées dans le cadre d'ONDINE est celle du rituel. Quelles pratiques de votre vie vous semblent rituelles, que ce soit par le biais du corps, de la respiration ou de votre préparation au mouvement ou à la création ?

Mes rituels sont souvent assez banals : trouver un point d’eau dans un nouvel endroit, réorganiser ma garde-robe ou me débarrasser de choses inutiles si je suis stressée, manger la même chose tous les matins dans un nouvel endroit quand j’ai une petite routine bien établie. Et puis, pour ce qui est de me préparer à déménager ou à créer quelque chose, je ne sais pas si c’est un rituel, mais je dois me mettre dans un état second, me persuader que je prends des notes, que je me laisse porter par mes mouvements, que ce ne sont que quelques mots, quelques gestes, une esquisse. L’idée est de me permettre de commencer avec un maximum d’options et une certaine intimité, sans pour autant créer une atmosphère stressante. C’est à la fois de la concentration et de l’hésitation, voire de la distraction, au début. Et, comme par miracle, je répète souvent cette alternance de concentration et de distraction ; c’est peut-être devenu un rituel.


« JE PRENDS SIMPLEMENT DES NOTES, JE ME DÉPLACE SIMPLEMENT POUR TROUVER CE QUI SE PASSE »


Comment créez-vous des moments de calme ou de pleine conscience dans votre vie quotidienne ?

Avec beaucoup d'efforts, avec de la répétition, sans essayer d'en faire trop.



Comment la nature influence-t-elle votre créativité ou votre perception de vous-même ?

En lui accordant l'attention et le respect qu'elle mérite. En m'efforçant de ne pas m'y projeter entièrement. En sachant qu'il existe un Vā [l'espace sacré et relationnel qui unit les êtres, la nature et l'esprit] entre elle et moi.


Quels aspects du tournage de la campagne et du port de la collection vous ont particulièrement marqué, et comment se sont-ils inscrits dans votre perception du mouvement et du style ?

Être à Aotearoa, l'un de mes pays, et participer à une Karakia [une prière traditionnelle maorie pour invoquer la guidance et la protection spirituelles] au début du tournage, et bien sûr, j'ai adoré les boucles d'oreilles que j'ai portées. Elles tenaient parfaitement en place, même si je bougeais beaucoup. Je trouve toujours que les danseuses ont un style incroyable, et j'ai toujours dit que mon propre style était décontracté avec des aspirations élégantes (ou dynamique et relax), alors j'aime les bijoux qui me suivent partout, que j'oublie jusqu'au matin quand je les remets et qu'ils me font sourire. Des bijoux qui ne s'emmêlent pas dans les cheveux, avec lesquels je peux nager, courir, et qui m'accompagnent au quotidien.

« J’ADORE LES BIJOUX QUI ME CONTINUENT, QUE JE PEUX OUBLIER JUSQU’À CE QUE JE LES METTE LE MATIN ET QU’ILS ME FONT SOURIRE. »



Quelle pièce de la collection vous touche le plus, et pourquoi ?


Toutes les boucles d'oreilles. Absolument toutes les paires.

La campagne a été tournée sur la côte ouest d'Aotearoa, un lieu imprégné d'énergies naturelles et lié à votre héritage. Comment le fait d'être dans ce paysage a-t-il influencé votre expérience du mouvement et de la création pendant le tournage ?


Le tournage s'est déroulé dans un climat de profond respect. J'ai beaucoup pensé aux Taniwha et aux Whenua. J'ai vraiment apprécié la présence de Rae, la maquilleuse locale, et de Matt, qui travaille chez Sarah & Sebastian, sur le shooting ; deux personnes qui comprenaient toute la complexité du peuple Tangata Whenua.



Qu’espérez-vous que les autres ressentent après avoir expérimenté votre mouvement ou avoir été présents face à votre travail ?

Chaque œuvre est unique, et je ne cherche pas à imposer un message d'espoir à un public. Mon domaine, ce sont les idées, les expériences, la rigueur et le mouvement. J'espère que personne ne dira jamais : « Toutes les œuvres d'Amrita se ressemblent, et c'est pour ça que je suis là. »

Pour l'avenir, y a-t-il de nouvelles œuvres, performances ou collaborations en préparation ?

Beaucoup. Mais pour l'instant, je viens de terminer quelques mois intenses et formidables : la création d'une nouvelle œuvre intitulée « The Act » pour le festival Rising, la collaboration avec ma sœur sur un nouveau spectacle au Passage, et le début de la tournée européenne de « Rinse » au Festival d'Avignon. Ce que j'attends avec impatience, c'est dormir et nager. Et si Sophie Calle ou Michelle de Kretser lisent ceci, prenons un verre et discutons d'une collaboration ! C'est moi qui invite !

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